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Qifen 发表于 15-9-2006 15:42

Les chinois de la Réunion

Voici un topic consacré aux chinois de [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9union][color=red]la Réunion[/color][/url]. J'espère qu'il intéressera de nombreuses personnes.

Je parlerais d'une manière générale des chinois de la Réunion, et par la suite, si cela intéresse des personnes, je parlerais davantage de moi.

Je commence par poster quelques articles que j'ai trouvés sur internet.

[[i] Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 17:29 [/i]]

Qifen 发表于 15-9-2006 15:52

Articles issus d'internet

[url=http://www.iledelareunion.net/peuple_de_la_reunion/chinois.php][color=red][b]Le peuple chinois de la Réunion[/b][/color][/url]
[b]Article issu de : [url]http://www.iledelareunion.net/peuple_de_la_reunion/chinois.php[/url][/b]

L’émigration d’origine chinoise a connu son heure de gloire...

Quelques années avant l’abolition de l’esclavage et pendant l’interdiction de la traite des indiens, les agriculteurs de l’île, pour renforcer leur main-d’oeuvre, n’hésitent pas à aller chercher des laboureurs chinois, qui sont reconnus pour leur grande capacité à travailler la terre.

Le 13 juin 1844, les 54 premiers chinois débarquèrent et sont couverts d’éloges. Plus robustes que les indiens, plus amis du travail et plus disciplinés que les nègres d’Afrique, l’esrit d’ordre et de régularité, le génie pratique qui convient aux affaires, dominent chez eux.

Plus tard, on en fit venir 110 autres répartis pour ls travaux publics et le labourage. Leurs conditions de transport ressemblaient beaucoup à celles des indiens, la surcharge en moins. Pour boisson, de l’eau acidulée de citron, d’alcool ou de vinaigre de palmes. Ils habitaient dans des camps et leur contrat prévoyait comme repas quotidien du riz, du poisson salé ou des légumes, du rhum ou du sirop et du bois pour cuisiner.

En 1848, 728 chinois, il n’en reste que 415, les autres sont partis ou rapatriés.

La majorité de ces chinois sont devenus, à la fin de leur contrat, des commerçants ou exercent une activité commerciale, ensuite, de nombreux arrivages eurent lieu, et leur nombre s’agrandit rapidement.

Ticket d'alimentation pour le riz - Crédit GoutanouEn 1862, les chinois peuvent venir dans l’île comme “passager libre d’engagement” et la plupart s’istalle dans les commerces des premiers, avant de s’installer à leur tout, grâce à un système d’entraide et de solidarité exemplaire. Les autres sont charretiers, tailleurs, pâtissiers, marchands de grains, marchands ambulants, domestiques ou jardiniers.

Au début du XXème siècle, beaucoup retournent au ays pour trouver une femme ou reprendre leur famille et reviennent s’installer.

On les retrouve comme tenanciers des fameuses “boutiques chinoises”, véritables cavernes d’Ali Baba d’épicerie, de quincaillerie, de mercerie, de pharmacie... Ils détiennent la plupart des petits commerces et deviennent les fournissierus exclusifs des réunionnais. Ils faciliteront la fidélité de la clientèle en mettant en place un système de paiement différé, enregistré dans un “carnet de crédit”.

Les chinois ont joué un rôle important dans l’alimentation réunionnaise. Ils furent les premiers et les plus nombreux à ouvrir des restaurants et les relations établies permirent aux autres d’êtres familiers des produits et plats proposés.

Après une ascension fulgurante, ils se retrouvent aujourd’hui à la tête de grands réseaux de distribution et les plus jeunes occupent les professions libérales les plus rémunératrices, médecins, pharmaciens ou autres hautes fonctions administratives.

Pascal



[url=http://www.iledelareunion.net/dossiers/boutique_chinois.php][color=red][b]La boutique chinois[/b][/color][/url]
[b]Article issu de : [url]http://www.iledelareunion.net/dossiers/boutique_chinois.php[/url][/b]

L'entreprise familiale - Les chinois de la Réunion

Le créole ne sera pas d'accord en disant la boutique chinoise, mais dans son esprit, il s'agit de la boutique tenue par un Chinois.

Les boutiques sont installées dans toute l'île et font partie intégrante du paysage des villes et aussi des hauts. Elles étaient appelées en général du prénom du boutiquier : “chez Marcel”, “chez Georges”, “chez Jean”. La devanture de la façade était décorée de morceaux de tôles clouées, sur lesquelles il y avait des publicités pour tels produits ou tels autres. Parfois, les autres publicités étaient sur papier, et tout cela mettait un peu de couleur à cette construction banale, il faut le dire. Les boutiques des premiers étaient bien modestes avec des portes qui se fermaient avec un système de levier à bascule. L'architecture des boutiques de ces migrants chinois était reconnaissable aussi bien extérieurement, qu'intérieurement avec la disposition des comptoirs dedans.

Jouxtée à cette construction, était la buvette qui rassemblait de nombreuses personnes autour d'un ou deux “p'tits verres”.

Boutique de Chinois dans les années 50, crédit GoutanouBeaucoup de boutiques étaient construites sur un socle en pierres taillées enduites de ciment et sur lequel était placé le plancher. Ce vide sous ces planches permettait une meilleure circulation de l'air, donc moins d'humidité dans la boutique. Les côtés sont en planches recouvertes de tôles (pour que le bois soit moins humide), mais aussi à cause des rats et souris qui dévasteraient davantage les denrées stockées à l'intérieur. Ces boutiques en général se dressaient à un angle de rue avec son toit de tôle ondulée à quatre pentes et un auvent. Ce dernier courait sur toute la longueur du bâtiment, protégeant avantageusement portes et passants du soleil et des intempéries. Sous cet auvent on pouvait voir se dresser parfois, un petit perron en béton permettant les compagnons de beuveries de s'y asseoir et discuter en dehors de la buvette. Traditionnellement la boutique est un lieu de convivialité où les hommes du village aiment se rencontrer.

L'intérieur c'était une vraie caverne d'Ali Baba, car ce sont de petits commerces de proximité qui proposent toutes sortes de denrées alimentaires et d'articles de première nécessité.

L'aménagement de l'intérieur des boutiques était pratiquement le même partout. Souvent à la porte, recouverte aussi de tôle, se dressaient, alignés, des "gonis" débordant de riz en vrac, de maïs en grains, de tourteau, de café, de sucre, de haricots en tous genre, Un peu plus au fond et à gauche, était dressée une vitrine. Celle-ci, de fabrication artisanale et réalisée en bois de tamarin, constituait un élément indispensable au mobilier du commerce. Le boutiquier se tenait derrière ce comptoir-vitrine. Une porte intérieure, menait à l'arrière du magasin. Cette partie ajoutait aux clients un mythe de l'Orient aux obscurités de cette arrière-boutique. Quand on demandait au chinois une chose rare, il disparaissait dans le “fénoir” de cette pièce et revenait longtemps après, avec la marchandise demandée ou autre chose d'équivalent. Il déballait lentement cette marchandise de son papier journal tout auréolé d'odeur d'épices, d'alcool à brûler et de poussière.

Sur la partie droite du magasin se dressait une autre vitrine. Sur une poutre derrière le boutiquier, à un crochet, pendaient des “cornets chinois” jaunis dans lesquels il emballait les marchandises (pas de sachets plastiques !). Ces cornets étaient fabriqués par le chinois lui-même, d'où l'appellation “cornet chinois”.

Sur la vitrine de gauche trônaient de grands bocaux contenant des bonbons à la menthe, aux fruits, des berlingots des sucres d'orge et autres. Et tout près de ces bocaux, était placé un boulier chinois, (pas de caisse enregistreuse, ni de calculatrice). Parfois, certains boutiquiers ne sachant pas manier le boulier (il est vrai difficile à s'y faire) posaient l'opération sur un papier journal remplis de chiffres, ou bien sur le cornet.

La partie supérieure de cette vitrine contenait les pâtisseries, des biscuits, les macatias de l'époque, et que les enfants ne quittaient pas des yeux. La partie inférieure contenait quant à elle des objets religieux, des outils, et autres. Toutes les marchandises se côtoyaient dans un espace réduit. Des chapeaux de feutre étaient suspendus çà et là pour les messieurs.

Ce commerce était une entreprise familiale tenue par le chinois, son épouse, et aussi les enfants. L'épouse s'occupait surtout de la vente des articles de la partie droite du magasin, soit, la toile, chaussures, boutons, galons, fil, livres parfums . Dons cette partie du commerce se tenait derrière son comptoir, la boutiquière, et derrière l'autre vitrine où des pâtisseries étaient exposées, le chinois se tenait devant tout un mur rempli d'étagères sur lesquelles s'alignaient les bouteilles d'alcool, de liqueurs, d'eau, de sirop aux étiquettes colorées. Les étagères inférieures contenaient des boîtes de conserves, allumettes, bougies, lampe à pétrole, eau de Cologne, Tout ces articles placés côte à côte, avaient leur place sur cette étagère. Des outils, des sabres, de la corde, des sacs de clous, des vis, formaient un coin bricolage. Une autre vitrine abritait les saucisses, le boucané et autres.

Sur un côté, se tenait un réfrigérateur vitré (quand on eut l'électricité) dont le contenu faisait envie à tous les enfants et aussi aux grands. Ce qui intéressait encore plus les enfants, c'était bien sûr, les sorbets avec leurs bois empilés dans le congélateur, que ces petits dégustaient aromatisés à la vanille, au chocolat, à la grenadine, au coco.

Une place spéciale était faite pour la balance Roberval et ses poids. C'est aussi à cette boutique que les enfants achetaient les plus gros pétards, et les plus beaux feux d'artifice pour les fêtes de Noël. Ces objets à allumer sont indissociables aux fêtes de fin d'année.

Ce qui faisait marcher ce commerce auprès de la population pauvre de l'île, c'est bien cette pratique des crédits (basée uniquement sur la confiance), sans intérêt appelé “carnets”. Le commerçant notait sur ces carnets tous les achats non payés de chaque personne vivant avec un crédit. Celui-ci était tenu en double exemplaires, et en fin de mois, quand le salaire tombait, le client venait régler le chinois, et c'était reparti pour un autre mois. Ainsi allait la vie.

Dans certaines boutiques,des denrées de base étaient stockées dans des bacs en bois (casier) dans lesquels les chinois plongeaient d'une main preste, une mesure en fer-blanc ou une sorte de petite pelle arrondie fabriquée localement. Ces caissons étaient surtout réservés aux grains, au café au maïs, au sucre. Dans ces denrées, le maïs était largement vendu, de la farine jusqu'aux grains, en passant par le fabuleux “maïs sosso”.

Pas trop loin de ces bacs, des billots servaient au découpage de la viande, de la morue séchée, dont l'odeur empestait toute la boutique. Il faut reconnaître que cette “boutique chinois” était un capharnaüm d'objets rangés ou suspendus puisque le magasin constituait la boutique d'alimentation où se dressaient des remparts de conserves, des murailles d'étoffes et de mousseline, des cartons de bouteilles ; on y trouvait un coin (pour ne pas dire rayon) bricolage, toiles, mercerie, librairie etc.

La boutique chinois, avec ses diverses marchandises, sa buvette pour le "p'tit coup d'sec" mettait sa grosse balance à la disposition des planteurs pour peser leurs productions de maïs, de manioc, ou d'huiles essentielles (qui sans doute se vendait au kilo !!). Là, s'échangeaient les marchandises mais aussi les nouvelles du quartier. La boutique faisait aussi office de banque avec crédit sur carnet ou avances sur récoltes (le plus souvent sur les huiles essentielles dans les hauts).

Parfois ces chinois avaient plus d'un tour dans leur sac, car au retour d'un enterrement dans le quartier, certains offraient un “p'tit coup d'sec” aux parents et amis du défunt. Ce geste touchait bien sûr la clientèle.

Plus tard ces chinois enrichis, leurs enfants bénéficieront d'un certain capital, et c'est ainsi qu'ils s'ouvriront une quincaillerie, ou une superette par exemple, mieux organisée que la boutique de leurs parents.

Le chinois est toujours en activité, mais le créole dira quand il verra un autre créole s'ennuyer, et revenir, et encore et encore, on lui dira qu'il est comme « un chinois sans boutique ». Cela veut bien dire que le chinois est indissociable à sa boutique, sans celle-ci, il est perdu.

Chantal



[url=http://col-r.verges.ac-reunion.fr/Dossiers/Reunion/cdrReligions/Chinois1.htm][color=red][b]Les chinois de la Réunion[/b][/color][/url]
[b]Article issu de : [url]http://col-r.verges.ac-reunion.fr/Dossiers/Reunion/cdrReligions/Chinois1.htm[/url][/b]

Les Chinois de la Réunion dont le nombre est estimé à 30 000 personnes sont originaires du sud-est de la Chine : des provinces de Fujian et de Guang-Dong (Canton).

Les premiers ont débarqué en 1844 pour fournir une main–d’œuvre qui se raréfie avec l’abolition de la traite des Noirs. Jusqu’en 1862 les immigrants chinois sont des "engagés" : ils ont un contrat de cinq ans pour travailler dans les champs de cannes à sucre et dans les usines sucrières. Au bout de leur engagement beaucoup sont rentrés en Chine. Ceux qui sont restés se sont mariés avec des femmes de la Réunion.

A partir de 1862 ce sont des immigrés libres et volontaires qui s’installent dans l‘île. Ils fuient la misère et les troubles qui agitent la Chine et le traité de Pékin(1860) leur permettent d’émigrer. A la Réunion, grâce à l‘arrêté de 1862, ils peuvent obtenir des permis de séjour et entrer librement dans l‘île. Les premières chinoises arrivent en 1864 mais les Chinois ont fondé souvent des foyers avec des jeunes filles créoles. Le début du XX ème siècle voit une augmentation de l’immigration chinoise en particulier dès 1937 avec la guerre Sino-Japonaise.

[[i] Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 15:55 [/i]]

Qifen 发表于 15-9-2006 16:31

Bibliographie

Voici un ouvrage que j'ai trouvé très intéressant pour l'avoir eu entre les mains lorsque je devais faire un exposé sur la diaspora chinoise de mon île.

Il s'agit de :
"[url=http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=954811&OrderInSession=1&Mn=2&Mu=-13&SID=2af64b17-c161-88e3-420e-1203c39a94d0&TTL=160920061624&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=2&UID=0d91c398e-7ccf-c396-4b4d-b035065cdce4&Fr=0][color=red]LA DIASPORA CHINOISE AUX MASCAREIGNES: LE CAS DE LA RÉUNION[/color][/url]" par
Edith Wong-Hee-Kam, publié aux éditions l'Harmattan, en 1996.

L'ouvrage date de 1996, ça fait un peu loin, mais il recèle d'informations très intéressantes pour ceux qui voudraient en connaître davantage sur les chinois de la Réunion.

De manière plus générale, voici 2 autres ouvrages plus récents, traitant de la diaspora chinoise dans le monde :

- [url=http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1112169&OrderInSession=1&Mn=3&Mu=-13&SID=2af64b17-c161-88e3-420e-1203c39a94d0&TTL=160920061624&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=2&UID=0d91c398e-7ccf-c396-4b4d-b035065cdce4&Fr=0][color=red]La diaspora chinoise[/color][/url] par Emmanuel Ma Mung paru en juin 2000.

- [url=http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=869880&OrderInSession=1&Mn=3&Mu=-13&SID=2af64b17-c161-88e3-420e-1203c39a94d0&TTL=160920061624&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=3&UID=0d91c398e-7ccf-c396-4b4d-b035065cdce4&Fr=0][color=red]Encyclopédie de la diaspora chinoise[/color][/url] par Lynn Pan paru en septembre 2000.

[[i] Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 16:51 [/i]]

Qifen 发表于 15-9-2006 16:49

Ce que moi je dis sur tout ça (un bref résumé non exhaustif).

Les chinois de la Réunion viennent majoritairement de 2 régions de la Chine : le Fujian et Canton (sud-est de la Chine). Ils représentent un peu moins de 10% de la population totale de la Réunion.
Ils parlent le [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Cantonais][color=red]cantonais[/color][/url] et le [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Hakka][color=red]hakka[/color][/url].
Malheureusement, ceci est surtout valable pour les premières générations qui sont venues s'installer sur l'île, pas en ce qui concerne les jeunes générations d'aujourd'hui. Bien souvent, la deuxième génération n'avait pas le temps de faire apprendre à leurs enfants leur langue, malgré sa connaissance. Ils ont fait leurs études entièrement à la Réunion, voire ici en métropole pour leurs études post-bac pour certains. De plus, ils ne ressentaient pas nécessairement le besoin de faire apprendre à leurs progénitures leur dialecte. Pour eux, ils devaient complètement s'intégrer à la société, pour eux, ils sont des français, à part entière. Je ne suis pas en train de dire qu'ils renient leur origine chinoise, loin de là, mais il faut replacer tout cela dans son contexte : ils sont nés en France, alors ils sont français, ils ne connaissent pas ou peu la Chine lorsqu'ils viennent au monde, tout ce qu'ils connaissent, c'est la Réunion, c'est le français. Je sais que ça peut paraître bizarre (non seulement pour vous les français qui me lisez, mais aussi pour vous les chinois), mais ce fut ainsi. Nous ne sommes pas des chinois, nous n'avons pas la nationalité chinoise, nous ne sommes pas nés en Chine, alors nos racines sont certes celles de la Chine, mais elles sont avant tout celles de la France, puisque nous y sommes nés (je pourrais davantage développer cela par la suite, si ça intéresse certains).

Les chinois de la Réunion ont dû apprendre très vite à s'adapter au mode de vie à la française, et à leur nouveau pays : la France. Ils ont donc dû apprendre le français et le parler tout le temps, dans la vie de tous les jours, à l'école etc, donc ceci explique qu'aujourd'hui, de nombreux jeunes chinois de la Réunion ne sachent pas parler un mot de leur dialecte d'origine (cantonais ou hakka).

C'est dommage, mais il existe de nombreuses associations de chinois de l'île qui proposent des cours de cantonais et de hakka etc...ainsi que des cours de mandarin, bien sûr.
Et certains jeunes s'y mettent, pas tous, mais il y en a qui sont à la recherche de leur identité, de leurs origines, d'autres qui voient en la Chine le pays de l'avenir et par là même décident d'apprendre le mandarin dès le collège.

Voilà, j'espère avoir été suffisamment précise et intéressante. Ce sera tout pour le moment, je reste bien sûr à la disposition des curieux et suis prête à répondre à toutes leurs questions, que ce soit ici même sur le forum, ou par mp, ou sur msn.
Ce topic sera bien évidemment enrichi au fil du temps et au fil de vos demandes, je l'espère, et pas uniquement par moi, je le souhaite vivement également.

Bonne lecture à tous.

PS : je pourrais davantage parler de moi par la suite, si certains le désirent.

[[i] Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 17:02 [/i]]

Ayapana 发表于 15-9-2006 17:26

yeah oui moi çà m'interesse beaucoup et tu sais pourquoi lol

Qifen 发表于 15-9-2006 18:08

Mon avis personnel : je suis une extra-terrestre...

Puisque ça a l'air d'intéresser au moins une personne, alors je me lance. :lol:

Je développe davantage ceci : "Nous ne sommes pas des chinois, nous n'avons pas la nationalité chinoise, nous ne sommes pas nés en Chine, alors nos racines sont certes celles de la Chine, mais elles sont avant tout celles de la France, puisque nous y sommes nés (je pourrais davantage développer cela par la suite, si ça intéresse certains)."

Lorsque je lis noelCH qui dit : "je suis chinois..."et bien, je ne suis pas d'accord. Je suis française, ma carte d'identité, c'est bien celle de la France, pas celle de la Chine, je suis née en France et j'y ai toujours vécu, les chinois de la Réunion ont vécu 90% de leur vie en France, alors voilà pourquoi je trouve que dire "je suis chinois(e)" est faux, biaisé.
Personnellement, je ne renie pas mes origines, j'en suis même très fière puisque j'ai appris le mandarin dès le collège en 5ème, et j'ai poursuivi son apprentissage au lycée, ainsi qu'à la fac, même si mes études à la fac ne me le permettaient pas vraiment. J'ai repris l'étude du mandarin il y a un an et demi de cela, après l'avoir arrêté pendant un peu plus d'un an.
De nombreux jeunes (15-25 ans) sont contents et fiers de leurs origines, mais il y en a qui ont carrément "renié" leur pays d'origine, il faut bien de tout pour faire un monde. Certains n'ont jamais vu l'utilité d'apprendre le mandarin, c'est leur choix et personnellement, je le respecte.

Je pense que le terme plus approprié serait : "je suis d'origine chinoise". Hé oui...je ne vois pas trop comment le formuler sinon, des idées? mdr
Lorsque je suis venue ici poursuivre mes études, j'ai bien évidemment rencontré des chinois (de nationalité chinoise donc), et quelle ne fut pas ma surprise! lol Pour eux, lorsque je leur disais timidement : je suis française...(et après un long silence)...je suis de la Réunion, vous connaissez? une petite île perdue de l'océan indien, entre Madagascar et l'île Maurice. La première chose qu'ils répondaient, c'était : non, je ne connais pas. Et encore, ça c'était quand ils répondaient quelque chose, parce que la plupart du temps, c'était : une expression sur leur visage tellement indescriptible, là je ne pourrais pas vous dire... lol Ils étaient abasourdis...et leur question immédiate après cela, c'était : et tu parles chinois, et ma réponse : non, j'essaie de me débrouiller, mais je ne le parle pas non. La question logique après cela, c'est : tes parents, ils parlent chinois? Ma réponse : non, ils ne parlent pas mandarin, ils parlent le cantonais, mais ils ne m'ont pas appris le cantonais.
Et inévitablement, je passais pour une extra-terrestre à leurs yeux.
C'est anecdotique, mais c'est ce que j'ai vécu plusieurs fois.
Au début, c'était plutôt déroutant, parce que je ne m'y attendais pas du tout, naïve comme j'étais, j'avais toujours cru qu'on savait où se situait à peu près la Réunion et j'avais toujours cru que les chinois étaient au courant de ce qu'était un ou une hua yi ou hua qiao (chinois d'outre-mer ou chinois de la disapora comme moi),
J'ai mis du temps à m'habituer à leurs réactions, ce n'était pas évident, ça m'a fait douter sur moi, sur ce que j'étais : française, chinoise, pas française, pas chinoise...
Pour un français, au premier abord, je ne suis pas française, mais asiatique, et pour un chinois, au premier abord, je ne suis pas française, je suis chinoise...Plusieurs fois dans la rue, des français m'interpellent et me disent : ni hao ! etc...bref, le truc typique qui t'énerves parce que derrière ça, il y a parfois des pensées racistes ou mal intentionnées, c'est vraiment difficile à appréhender pour certains, mais c'est ainsi que je ressens les choses.
Certains recherchent leur identité parce qu'ils ont été abandonnés à leur naissance par exemple, et bien moi parfois, j'ai eu le sentiment de n'avoir aucune identité. Je n'étais ni française, ni chinoise, juste rien du tout...Ce n'était vraiment pas évident. Aujourd'hui je suis en paix avec cela. (heureusement! lol)

J'ignore si les personnes qui me lisent peuvent comprendre ce que j'essaie de leur faire comprendre, mais ce n'est vraiment pas évident lorsqu'on est comme je suis, à savoir une française d'origine chinoise, exilée de son île natale, à 10 000 km de ses racines françaises, et totalement ignorante de ses origines chinoises (puisque je ne suis jamais allée en Chine).

Pafois lorsque des français me disent : je suis déjà allé(e) en Chine, c'est magnifique, etc, je veux aller en Chine, je ferais tout pour y aller, c'est là-bas que je dois être, et bien, ils ignorent complètement le mal qu'ils me font en me disant cela. Ce n'est vraiment pas de leur faute, ils ne sont pas sensés le savoir, mais ça me fait mal, parce que je n'y suis jamais allée, et que pour le moment, je ne peux pas y aller (1 an d'étude oblige)...alors que c'est le pays de mes origines...quelque part, je me sens + en droit d'y aller qu'eux...C'est peut-être bête et égoïste comme réaction, mais c'est ainsi que je vois les choses, alors ça me fait un pincement au coeur.
Mais bon, on ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut dans la vie, et lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a. Alors j'essaie d'aimer ce que j'ai.

Pour ma part, mes parents ne m'ont malheureusement pas appris le cantonais, mon père le parle et ma mère le comprend (mais n'a jamais osé le parler). Je regrette vraiment que mon père ne m'ait pas appris le cantonais, sans cela, il y a longtemps que je serais partie à Canton et il y a longtemps que j'y travaillerais. Malheureusement, on ne peut pas tout contrôler dans sa vie.
Pour le moment, je ne ressens pas le besoin d'apprendre le cantonais, ce sera peut-être lorsque je serais plus mûre, lorsque j'aurais des enfants peut-être? Bref, si déjà je maîtrise le mandarin, ce sera un grand pas pour moi. lol

Bon, je crois que j'ai suffisamment étalé ma vie pour aujourd'hui...sauf si on me pose des questions...je me ferais bien sûr un plaisir d'y répondre. Que ce soit sur moi personnellement, ou sur les chinois de la Réunion, bien évidemment. :P

[[i] Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 18:16 [/i]]

proton 发表于 15-9-2006 18:09

merci c'est intéressant.

Qifen 发表于 15-9-2006 18:17

[quote]Originally posted by [i]proton[/i] at 15-9-2006 18:09
merci c'est intéressant. [/quote]Je suis certaine qu'on a + de points communs qu'on ne le pense toi et moi... ;)  héhé

madmantis 发表于 15-9-2006 19:06

Wôw! en forme des papattes là écoeurée, et bien écrit avec çà, bravo...!  ; )

Qifen 发表于 15-9-2006 19:18

[quote]Originally posted by [i]madmantis[/i] at 15-9-2006 19:06
Wôw! en forme des papattes là écoeurée, et bien écrit avec çà, bravo...!  ; ) [/quote]C'est parce que je me relis...Et que je suis assez maniaque sur les fautes d'orthographe. :lol: et pour ce qui est de "en forme les papattes", je le suis toujours si elles ne sont pas cassées.

Bon, apparemment, ça ne suscite pas tant que cela l'intérêt ce topic, ce n'est pas plus mal...

madmantis 发表于 15-9-2006 19:29

Ne t'attends pas à des réponses instantanées quand même, je suis sûr qu'il y'a beaucoup de personnes dans ce cas là, ils réagiront sûrement et parleront de leur expérience...

Qifen 发表于 15-9-2006 19:35

Répondre au message de #11 madmantis

Je ne m'attends pas à des réponses instantannées... lol mais bon...il y a trop de personnes qui lisent et qui ne laissent pas un petit mot sur ce forum je trouve...c'est dommage, mais bon, ce n'est que mon opinion...

[[i] Last edited by  Qifen at 18-9-2006 19:25 [/i]]

NoelCH 发表于 16-9-2006 07:16

Bon travail Ecoeurée, et digne de représenter l'ile de la Reunion, où on a vécu notre enfance

Qifen 发表于 16-9-2006 11:21

Répondre au message de #13 NoelCH

Merci noelCH !! :P Ca me fait plaisir.

NoelCH 发表于 16-9-2006 11:56

De rien
moi je ne suis pas né à la Réunion donc tu es faite pour etre Miss Franco Chinoise de l'ile de la Reunion
hihihi

Qifen 发表于 16-9-2006 12:20

[quote]Originally posted by [i]NoelCH[/i] at 16-9-2006 11:56
De rien
moi je ne suis pas né à la Réunion [b]donc tu es faite pour etre Miss Franco Chinoise de l'ile de la Reunion[/b]
hihihi [/quote]C'est quoi ce délire? je préfère laisser aux autres chinoises de l'île le privilège d'être [url=http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2590362165;][color=red]une potiche[/color][/url]! mdr Aucune élection ne m'intéresse réellement, si ce n'est celle d'être élue princesse par un prince...mais bon, ça c'est [url=http://www.bide-et-musique.com/song/284.html][color=red]une autre histoire[/color][/url].
Et je le sais que tu n'es pas né à la Réunion (mais tu y as vécu toute ta vie quasiment).

PS : bon, on arrête de polluer mon topic? lol pour une fois que je créé un topic, j'aimerais qu'on ne le pollue pas, merci. (Remarque, c'est toi le modo de ce coin, alors si jamais je veux que certains messages soient supprimés, je peux toujours faire pression, n'est-ce pas? mdr Grosses bises noel!!)

[[i] Last edited by  écoeurée at 16-9-2006 12:22 [/i]]

NoelCH 发表于 16-9-2006 12:23

quoi j'ai pollué
ah bon :P

Bambù 发表于 16-9-2006 15:39

C'est bien que tu aies fait la paix avec ton identité. Des amis (d'origine marocaine, italienne...) m'ont décrit les mêmes sentiments.
Moi qui n'ai que des origines françaises de connues (mes grands parents et mes arrières grands parents étaient tous français, ce qui est rare de nos jours), j'ai toujours une attirance pour les pays étrangers et les cultures différentes de la mienne. C'est marrant.
Je ne m'inquiète pas, je suis sûre que tu te donneras les moyens de parcourir la Chine en long en large et en travers.

Qifen 发表于 16-9-2006 15:59

[quote]Originally posted by [i]Bambù[/i] at 16-9-2006 15:39
C'est bien que tu aies fait la paix avec ton identité. Des amis (d'origine marocaine, italienne...) m'ont décrit les mêmes sentiments.
Moi qui n'ai que des origines françaises de connues (mes  ... [/quote]C'est gentille ma Bambù!! Merci. T'es un ange! :P C'est en partie pour ça que j'aurais trop aimé faire ton métier...on doit pouvoir mater de beaux mecs en + j'imagine... lol et tes collègues, qu'est-ce qu'ils peuvent être sexy j'imagine!! (oulala...écoeurée s'emballe et embarque pour des voyages dont elle n'ose même pas imaginer les destinations...lol)

Bambù 发表于 16-9-2006 16:07

;)Tous ne sont pas sexy... et en général, ceux qui le sont ne sont pas libres... [soupir]
Enfin! on rigole bien quand même...

NoelCH 发表于 17-9-2006 19:40

bon alors si je suis libre ca veut dire que je ne suis pas sexy
mince alors
faut que j'arrete les carrys et les rougails plein d'huile hihihi

Qifen 发表于 17-9-2006 21:10

Répondre au message de #21 NoelCH

Faut surtout que t'arrêtes de te prendre pour les collègues de Bambù... lol

NoelCH 发表于 18-9-2006 05:50

les collegues de Bambù!!!
bin voyons Ecoeurée, j'ai deja du mal avec mes collegues trop sexy de mon côté

Qifen 发表于 22-9-2006 01:39

Toujours en rapport avec cette identité française/chinoise, cette dualité : quelques réflexions nocturnes produites par un autre topic.
Je mets ci-dessous ce que j'ai répondu à nshenmue...Quoted from : [url=http://www.obopo.com/bbs/viewthread.php?tid=443881&page=1&extra=#pid513349][color=red] -= obopo.com =- » ☼ Libre Discussion ☼ » ☼ Passion ☼ » Aimez-vous porter un prénom étranger?[/color][/url] [quote]Originally posted by [i]nshenmue[/i] at 21-9-2006 20:46
en fait je me demande bien ce que je suis dans mon esprit
100% francais, pas vraiment
100% chinois? non plus
sans doute un peu un mélange des deux [/quote][quote]Originally posted by [i]nshenmue[/i] at 22-9-2006 01:15
Noel et moi on considère la nationalité comme quelque chose de vo[b]lo[/b]ntaire et non pas hér[b]é[/b]ditaire
on est plus chinois ou suedois ou jamaicain car on partage une vision des choses plus chinoise/suedoise/jamaicaine
Si on prefère le mode de vie chinois par ex[b]em[/b]ple , on se sent plus chinois que français parce que les gouts sont plus proche [b]s[/b]des chinois que des francais
je ne dois pas etre clair a cette heure désolé[/quote]

Comment peux-tu savoir que tu préfères le mode de vie chinois si tu n'as jamais vécu en Chine? (ce qui est le cas de noelCH) ...
Comment peut-on se sentir + chinois que français alors qu'on n'a connu que la France dans sa vie? ou majoritairement la France durant toute sa vie? c'est plutôt difficile à concevoir je trouve...
Comment peux-tu prétendre te sentir + chinois alors que la vision que tu as du mode de vie chinois est belle et bien française...c'est biaisé en quelque sorte...Tu vois la Chine et le mode de vie chinois avec des yeux de français...pas avec des yeux de chinois! Alors se sentir + chinois que français, pour moi, c'est très difficile à envisager en l'état actuel des choses...
Pour moi, on ne peut pas se faire une idée de ce qu'est le "mode de vie chinois" si on ne connaît la Chine que là où on est, à savoir la France, on ne peut pas connaître le "mode de vie chinois" si on ne le vit pas, et si on ne l'a jamais vécu...

Je me sens française, je suis française...mais je suis très attachée à mes racines et très respectueuse envers elles, si je suis ce que je suis, c'est grâce et à cause d'elles...je suis française parce que je suis d'origine chinoise...et je suis d'origine chinoise parce que je suis française. Je n'ai jamais connu la Chine jusqu'à maintenant, et j'ignore si je me sentirais davantage chinoise après l'avoir connue, mais je sais que je suis française et ça peut changer, je vais peut-être me sentir + chinoise que française un jour...qui sait?

[[i] Last edited by  Qifen at 22-9-2006 01:40 [/i]]

NoelCH 发表于 22-9-2006 10:26

pourquoi je dis ca
parce que je commence à avoir marre des ladi lafé sur mon dos à la reunion qui m'ont beaucoup blesser ces derniers temps
et je suis pret a tout quitter pour ne plus a en souffrir encore comme c'est le cas

Poichiche 发表于 25-9-2006 00:55

J'avoue avoir survolé le topic, et a tort, c'est une vraie mine d'informations,ainsi je remercie damoiselle qifen de nous en faire part :)

Pour ma part, comme certains ou certaines le savent déjà(à savoir quasi personne) j'ai des origines maghrebines (algérie) et allemandes. Le fait est que comme beaucoup d'entre nous et notamment qifen, je suis né en france, me sais et me sens plus francais que jamais. Comme l'a judicieusement souligné qifen, cela ne signifie aucunement que je renie mes origines, loin de là. Mais semblerait-il que j'ai une autre approche concernant la recherche de mes racines, puisque je n essaye pas d apprendre ni l'arabe, ni l'allemand (bien que j'ai quelques notions dans les deux langues, vraiment minimes). Mes parents ne me les ont pas inculquées, je trouves ca dommage mais je ne leur en jette pas la pierre pour autant. Il n'en tiendrait qu'à moi de faire les demarches pour corriger cette lacune. Cependant je me suis épris d'une autre culture, qui est la culture asiatique dans son ensemble.
Alors bien evidemment je me suis posé la question du pourquoi du comment... Pourquoi suis je plus attiré par une culture qui ne m'est pas propre plutot que d'approfondir la culture dans laquelle j ai baigné toute mon enfance. Je suppose (avec certitude :p) que c'est du à mon vecu. Je ne vais pas epiloguer sur l'historique. Mais en gros c'est ca.
Je penses essayer inconsciemment de combler un manque, que mes racines et origines n'ont pas su m'apporter, par une culture que j'ai choisi et qui me plais. Cela étant dit, je me laisse du temps pour accepter tous les évenements qui constituent mon identité afin de mieux connaitre mes racines.

Affaire à suivre...

Qifen 发表于 25-9-2006 01:41

Répondre au message de #26 Poichiche

C'était la minute psychologie de la nuit...
Hé oui, "à tort"...comme tu l'as dit...c'est bien + qu'une mine d'informations pour moi, c'est ce que je vis, mais mis sur un écran d'ordinateur, ça perd de toute sa saveur et de son authenticité...

Je rajouterais juste que je suis d'autant plus fière d'être française et de me sentir française, que lorsque certaines personnes s'amusent (par railleries, racisme, et autres je ne sais quelle raison...) à m'interpeller dans la rue en me disant : "ni hao, ni hao...!! konishiwa...et bien d'autres"...et bien, je suis d'autant plus fière de leur affirmer en pleine face qu'ils se trompent et que je ne suis pas chinoise, mais bien française, comme eux, j'ai appris du Verlaine, j'ai lu de la littérature française comme eux, j'ai appris l'histoire de mon pays comme eux etc...
Et lorsque certaines personnes qui ne méritent même pas une seconde d'attention de ma part m'interpellent dans la rue de la sorte, et bien je suis d'autant plus fière d'être ce que je suis. "Juger" quelqu'un sur son apparence, c'est leur plus grand tort. S'ils m'entendaient au téléphone, ils ne me diraient jamais ce qu'ils me disent, à savoir : "ni hao! ni hao!" à tout bout de champ.

C'est peut-être malheureux à dire, mais lorsque je suis venue ici (en métropole), j'ai dû justifier que j'étais française, alors qu'à la Réunion, je n'avais jamais eu à le faire. Sans cesse j'ai dû jusitifer qui j'étais, non seulement auprès des chinois qui me voyaient comme une extra-terrestre, mais également envers les français eux-mêmes...Je ne blâme personne et ne leur en tiens pas rancune, mais quand je lis que nshenmue ou noelCH se sentent + chinois que français, alors là je ne comprends vraiment pas...mais bon, c'est leur choix...et je le respecte. C'est peut-être parce que, moi, j'ai connu cet espèce de sentiment de racisme/mépris exprimé par certains concitoyens à mon égard...mais bon, là on s'éloigne du sujet.

Et comme l'a dit Poichiche, ce n'est pas parce que je suis tant fière d'être française que je renie pour autant mes origines et mes racines, bien au contraire, je l'ai déjà expliqué dans un post précédent, ici même : à la Réunion, il y a des réunionnais d'origine chinoise qui ne voient nullement l'utilité d'apprendre leur langue d'origine et qui ne s'y intéressent pas du tout par exemple.
Je suis française et par là même, je me sens française...je ne suis pas chinoise, mais cela ne signifie pas pour autant que je ne me sens pas chinoise. En quelque sorte je me sens chinoise, mais comme ce mot l'indique, j'ai le sentiment de l'être : je crois que je sais ce que c'est que de l'être, mais je ne le suis pas! Je vais sortir une lapalissade, mais pour savoir ce que c'est que d'être chinoise, il faudrait que je le sois! Or je ne le suis pas! Je n'y suis pas née, et malgré tout ce que j'ai pu entendre depuis mon enfance sur mes origines et sur la Chine, je ne le suis pas! Tout ce que je connais jusqu'à maintenant de la Chine, c'est dans ma tête que ça se passe, pas dans la réalité...pas tout à fait dans la réalité, puisque je n'y suis jamais allée, je ne connais pas réellement mes origines, je ne les connaîtrais que lorsque je serais partie là-bas, et encore, ce n'est pas certain du tout. Quoiqu'il en soit, parmi ce que je sais de mes origines, il y a une grosse part de rêves, de fantasmes, d'idées préconcues, de préjugés, c'est en cela que je peux dire que je ne me sens pas chinoise comme une chinoise se sentirait...tout comme moi je me sens française.
Je l'ai déjà dit dans mon post précédent adressé à nshenmue : tout ce que je sais de mes origines, je le vois à travers les yeux de la française que je suis, pas en tant que chinoise, alors voilà pourquoi je me sens profondément française et + que chinoise.
Si je ne me sentais pas française, comment devrais-je me sentir? Chinoise? Ce serait complètement biaisé puisque ce que je sais de mes origines ne se trouve que dans les livres, à la télé, dans mes rêves et fantasmes, c'est quelque peu idéalisé tout ça. Alors oui, je me sens + française que chinoise (pour le moment, je ne suis pas en train de dire que ça restera immuable toute ma vie, ni l'inverse), et je trouve ça plutôt logique même.

[[i] Last edited by  Qifen at 25-9-2006 02:18 [/i]]

Bambù 发表于 25-9-2006 13:23

C'est très complexe l'identité. C'est vrai que ça paraît lgique de se sentir français quand on parle français, qu'on est allé à une école française (où on a étudier l'histoire de France, la littérature française etc.), que l'on vit en France et avec le système français. Mais le sentiment d'identité est très complexe. Il y a par exemple des corses qui ne sentent pas français, mais corses. Même si la Corse fait partie de la France (les corses, ne m'en voulez pas de dire ça :tomato:!). Il y en a qui sont nés ailleurs et qui ont choisi la France comme pays d'accueil et qui se sentent français (car ils en ont la volonté, ou parce que quand ils sont retournés dans leur pays d'origine ils se sont sentis décalés). Il y en a qui sont nés en France mais qui ont des origines dans un autre pays, et comme ils se sentent "différents" ils ont envie de se rattacher plus fortement à leurs origines. Puis il y a ceux qui sont attirés par une autre culture que la leur, sans vraiment savoir pourquoi, car il n'y sont aucunement rattachés , ni par leur vécu, ni par leurs origines...

lepenseur93 发表于 25-10-2006 09:18

Répondre au message de #1 Qifen

salut !

je vois que tu es une femme "très" cultivée...un sujet peut être intéressant que j'aimerais faire la recherche avec toi :

les loisirs de la communauté chinoise de Paris ( sur les hommes et les femmes )

Alors, si ça te dis, fais moi signe

lilie 发表于 25-10-2006 10:08

Noel c'est quoi des "ladi lafé" ?

Lilie...:hug::coeur:

NoelCH 发表于 25-10-2006 17:00

ladi lafé = rumeur qui tres souvent déformée

lilie 发表于 25-10-2006 17:55

ah ok, merci Noel

Lilie...:hug::coeur:

Qifen 发表于 25-10-2006 18:07

Répondre au message de #32 lilie

En gros, des "ladi lafé", ce sont des ragots, des médisances, des choses que tu entends (de manière informelle souvent) et que tu répètes à des personnes que ça concerne indirectement, pour créer en quelque sorte la zizanie...Bien souvent, il y a une part de véracité dans ce que l'on raconte, mais une très grosse part également de choses "inventées", ou "déformées" ou "supprimées", ou "cachées"... :P

Je suis curieuse de savoir comment tu as eu connaissance de ce terme? :lol:

NoelCH 发表于 25-10-2006 19:18

bin en lisant notre rubrique :P

kamiko974 发表于 1-1-2007 19:44

oula g mal au yeux en essayant de lire tes articles lol

Qifen 发表于 9-1-2007 06:50

Répondre au message de #35 kamiko974

Quand on lit, on est sensé + utiliser son cerveau que ses yeux...
Comment font les aveugles d'après toi?

angecycy 发表于 23-2-2007 09:25

[color=Blue]yo,Qifen

merci bcp pour ton sujet,c est hyper interressant,j ai appris pleins de choses:smiley2: :smiley2: :smiley2: :P :P :P :P

amities:hug:
angecy[/color]

Qifen 发表于 23-2-2007 11:44

Répondre au message de #37 angecycy

Mais y'a pas de mal!! C'est normal de parler des miens, non? ;)
Et merci pour ton évaluation angecycy, ça me touche beaucoup...vraiment beaucoup. :P

angecycy 发表于 23-2-2007 12:39

[quote]Originally posted by [i]Qifen[/i] at 23-2-2007 10:44
Mais y'a pas de mal!! C'est normal de parler des miens, non? ;)
Et merci pour ton évaluation angecycy, ça me touche beaucoup...vraiment beaucoup. :P [/quote]

[color=blue]C'est tres bien que tu parle des tiens:P :P :P tu as tout à fais raison:coeur: [/color]
[color=blue][/color]
[color=blue]avec grand plaisir pour l'evoluation,c'est super ce que tu as fais là,donc tu le merite vraiment,[/color]
[color=blue][/color]
[color=blue]merci bcp pour ta grande gentillesse:hug: :hug: :hug: :hug: [/color]
[color=blue][/color]
[color=blue]amitiés[/color]
[color=blue]angecycy[/color]

Qifen 发表于 23-2-2007 22:02

Voici un article issu du journal quotidien [url=http://www.lemonde.fr]Le Monde[/url]. Publié il y a quelques jours, à l'occasion du nouvel an chinois.
Il me semble que c'est la première fois que le journal parle de nous lors du nouvel an chinois. :P (mais peut-être que je me trompe)

[b]A la Réunion, les Français d'origine chinoise retrouvent leurs racines[/b]
LE MONDE | 19.02.07 | 15h23
(La Réunion, envoyé spécial)
        
Ils s'appellent Jacques, Narcisse ou Charline. Ils ont été baptisés, catéchisés. Pourtant, dimanche 18 février, lors du nouvel an chinois, ils ont sacrifié aux rites de leurs ancêtres. Toute la journée, les familles d'origine chinoise ont défilé dans les deux temples de Saint-Denis, situés rue Sainte-Anne, près du centre-ville. Ce syncrétisme ne perturbe pas outre mesure l'évêque de la Réunion, Mgr Gilbert Aubry. "Chaque année, je passe le nouvel an chinois dans une famille. Fondamentalement, ce qui rassemble les Réunionnais de toutes origines, c'est la croyance dans l'au-delà et le respect des morts. Les Chinois appellent cela le culte des ancêtres, l'Eglise catholique parle de la communion des saints."

Les Réunionnais d'origine chinoise - surnommés "les Chinois" - sont en pleine redécouverte de leurs racines. Ils représentent 5 % de la population, soit environ 40 000 personnes. La première génération, originaire de la région de Canton, est arrivée dans la première moitié du XXe siècle. Les immigrés chinois tenaient des petits commerces d'alimentation générale, l'équivalent des épiciers arabes en métropole. Ils faisaient crédit aux planteurs de canne et, à ce titre, jouaient un rôle indispensable dans l'économie locale. Ils parlaient le cantonais et le créole.

Deux événements ont contribué à couper cette diaspora de ses racines : la fermeture des frontières de la Chine lors de l'instauration du régime communiste et la départementalisation de la Réunion, à partir de 1946, qui a conduit les communautés à une assimilation à marche forcée. Les écoles franco-chinoises, dans lesquelles étaient enseignés le français et le cantonais, ont fermé.

La génération des 40-50 ans ne parle donc que le français et regrette de n'avoir pu bénéficier d'une double culture. "Les Chinois de Chine nous surnomment les bananes : jaunes à l'extérieur, blancs à l'intérieur", plaisante Daniel Thiaw Wing Kaï, 44 ans, informaticien. Cette génération a pourtant réussi son ascension sociale : ses représentants sont ingénieurs, médecins, pharmaciens, avocats ou fonctionnaires. " Nos parents ont tout misé sur l'éducation, parce que cela fait partie du confucianisme, résume Jerry Ah Hee Ayan, 44 ans, président de la Fédération des associations chinoises de la Réunion (FAC Réunion). Mais nous avons grandi sans aucun lien avec la culture chinoise. Aujourd'hui, pour nos enfants, l'expansion de la Chine offre une chance en matière d'emploi."

Comme en Polynésie française, dont le président, Gaston Tong Sang, est d'origine chinoise, les "Chinois" de la Réunion veulent tirer parti de la proximité géographique de l'empire du Milieu. Avec plus de 500 élèves qui l'étudient dans le secondaire, l'enseignement du mandarin est en plein essor dans l'île. La FAC Réunion espère atteindre la barre des 1 000 sinisants en 2010. Pour l'heure, ses projets sont l'ouverture d'un consulat général de Chine et d'un institut Confucius, équivalent chinois de l'Alliance française.

Xavier Ternisien

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