Décès de l’ancien champion d’échecs Bobby Fisher
Bobby fisher était vraiment un personnage très marquant dans le monde des échecs[url]http://fr.wikipedia.org/wiki/Bobby_Fischer[/url]
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Robert James Fischer dit Bobby Fischer était un joueur d'échecs américain devenu Islandais en 2005, né le 9 mars 1943 à Chicago et mort le 17 janvier 2008 à Reykjavik. Champion du monde de 1972 à 1975, il fut la bête noire des organisateurs de tournois, du fait de ses exigences (salle, mobilier, lumière, etc.).
Les débuts
Son père, Gerhardt Fischer, biophysicien allemand, divorce de sa mère Regina Wender, américaine d'ascendance juive allemande, en 1945. C'est sa mère qui s'occupe de son éducation et de celle de sa sœur Joan, son aînée de six ans. Bobby ne verra plus son père. Regina et ses deux enfants déménagent à Mobile dans l'Arizona, puis s'installent deux ans plus tard à Brooklyn.
Un jour de 1949, Joan, pour distraire son petit frère, lui achète un jeu d'échecs au bazar du coin. Il apprend seul les règles à l'aide du feuillet joint au jeu. Ce n'est au début qu'un jeu comme les autres pour le petit Bobby. Néanmoins, la lecture d'un livre contenant des parties d'échecs change la donne. Regina, sa mère, raconte que lorsqu'il lisait ce livre, il était inutile d'essayer de lui adresser la parole.
Sa mère l'inscrit ensuite au Brooklyn Chess Club. Il participe à son premier tournoi à l'âge de dix ans.
En 1954, Bobby, n'ayant plus de rivaux dignes de ce nom dans le club de Brooklyn, s'inscrit alors au prestigieux Manhattan Chess Club, fréquenté par les meilleurs joueurs du pays.
Il s'essaye ensuite en 1956 au championnat open des États-Unis et se classe quatrième. Il remporte cependant, la même année, le championnat des États-Unis junior, ce qui constitue son premier réel succès.
Grand-maître à 15 ans
En janvier 1958, Fischer devient champion des États-Unis à l'âge de 14 ans. Grâce à ce titre, Fischer est qualifié pour participer au tournoi interzonal qui constitue la première marche vers le titre de Champion du Monde. Cependant, personne n'est prêt à parier sur la qualification du jeune Fischer (les six premiers des Championnats Interzones étant qualifiés pour le Championnat du Monde). C'est donc une surprise lorsqu'il termine cinquième ex æquo de cette compétition, ce qui lui permet de se voir conférer le titre de grand-maître international.
Le championnat du monde [modifier]
Fischer est dès l'âge de 16 ans candidat au titre mondial, mais n'a pas la réussite escomptée. Lors du tournoi des candidats de 1962, il dénonce la collusion entre les trois premiers du tournoi, dont Tigran Petrossian et Paul Kérès, qui auraient conclu de courtes parties nulles entre eux pour préserver leur énergie contre lui. La FIDE change les règles du cycle de qualification en organisant des matches plutôt qu'un tournoi.
En 1967, Fischer se retire du tournoi de qualification de Sousse en Tunisie, qu'il domine largement, car il refuse d'affronter consécutivement plusieurs joueurs soviétiques sans avoir de jour de repos.
En 1970, il est repêché, grâce à un désistement de dernière minute, pour disputer le tournoi qualificatif de Palma de Majorque. Après un très bon départ il subit une petite baisse de régime, mais se ressaisit magnifiquement sur la fin en remportant ses 7 dernières parties (dont l'ultime par forfait) pour gagner le tournoi avec 3,5 points d'avance sur ses plus proches poursuivants. Puis il écrasa le Soviétique Mark Taimanov et le Danois Bent Larsen par 6 à 0 en match, avant de vaincre l'ancien champion du monde Petrossian par 6,5 à 2,5. Fischer a établi une série de 20 victoires consécutives en partie officielle, un record à ce niveau.
À l'issue d'un match mémorable en Islande qui tient le public en haleine, autant pour les parties que pour les péripéties hors compétition (menace de Fischer de ne pas participer, son forfait lors de la deuxième partie, ses exigences sur le placement des caméras ou le contact avec le public, etc.), il devient champion du monde à l'été 1972, en battant assez facilement le Russe Boris Spassky, champion du monde sortant. Ce succès, largement médiatisé, met temporairement fin à la très longue ère de domination soviétique sur le monde des échecs, et est un tournant dans la compétition entre les États-Unis et l'URSS en pleine guerre froide.
Mais Fischer ne dispute plus aucune partie depuis qu'il a conquis ce titre mondial. En 1975, il perd donc son titre par forfait lorsqu'il refuse les conditions du match dont le but était de remettre en jeu son titre contre son adversaire désigné, le jeune Soviétique Anatoly Karpov (contre qui il n'a jamais disputé la moindre partie).
Fin de carrière [modifier]
Depuis 1975 et l'abandon de son titre, sa personnalité déjà fantasque bascule dans une paranoïa grandissante, notamment contre les juifs et les États-Unis qu'il accuse de comploter contre lui[1].
Il disparaît complètement du monde échiquéen pour ne réapparaître qu'en 1992 pour un match revanche contre Boris Spassky, match que les organisateurs et Fischer qualifient abusivement de Championnat du monde, Fischer prétextant ne jamais avoir perdu son titre de 1972 sur l'échiquier. Ce pseudo-match se tient en Yougoslavie alors en pleine guerre civile et sous embargo des États-Unis. Fischer remporte à nouveau le duel, et empoche la somme de 3,35 millions de dollars[2]. Il est alors poursuivi dans son propre pays pour violation de l'embargo et fraude fiscale ; il risque une peine de dix ans d'emprisonnement.
En 1996, il crée une variante du jeu d'échecs : les échecs aléatoires Fischer ; il refuse depuis de jouer une partie qui ne se déroulerait pas selon ses règles.
Il séjourne ensuite plus ou moins clandestinement dans divers pays, la Hongrie, les Philippines, l'Argentine et le Japon, aidé par des sympathisants. Il y fait quelques brèves apparitions médiatiques, notamment pour des déclarations antisémites très controversées. Le 11 septembre 2001, quelques heures après les attentats de New York et de Washington, il s'emporte sur les ondes de Radio Bombo aux Philippines : « C'est une formidable nouvelle, il est temps que ces putains de juifs se fassent casser la tête. Il est temps d'en finir avec les États-Unis une bonne fois pour toutes. » « Je dis : mort aux États-Unis ! Que les États-Unis aillent se faire foutre ! Que les juifs aillent se faire foutre ! Les juifs sont des criminels. (...) Ce sont les pires menteurs et salauds ! On récolte ce qu'on a semé. Ils ont enfin ce qu'ils méritent. C'est un jour merveilleux. »[1].
En juillet 2004, alors qu'il tente de s'envoler pour Manille, il est arrêté à l'aéroport de Tōkyō-Narita[3] car son passeport américain a été annulé à son insu, il est placé pendant sept mois dans le centre de détention pour étrangers d'Ushiku au nord-est de Tokyo en attendant son extradition. En décembre 2004, devant l'émoi international causé par sa détention, il demande l'asile politique en Islande[4], lieu de la conquête de son titre de champion du monde. Il obtient finalement la citoyenneté islandaise le 22 février 2005[5] et il peut rejoindre ce pays le 24 mars[6]. Le département d'État américain se déclare alors déçu. C'est durant cette période qu'il annonce son intention d'épouser Miyoko Watai[7],[8], joueuse d'échecs et présidente de la fédération japonaise avec qui il vit depuis 2000, elle l'accompagnera en Islande.
Il décède en Islande, le jeudi 17 janvier 2008 des suites d'une défaillance rénale[9],[10]. À sa mort, l'ancien champion du monde Garry Kasparov a déclaré que « Fischer peut tout simplement être considéré comme le fondateur des échecs professionnels et sa domination, bien que de très courte durée, a fait de lui le plus grand de tous les temps ».
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