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es 发表于 23-4-2008 00:40

法语美文精彩诵读:Le soir 傍晚

Le soir 傍晚

C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure de travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
À la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.

参考译文:

这正是黄昏时分。
我坐在门楼下,欣赏
这白昼的余辉照临
工作的最后的时光。

在沐着夜色的田野,
我凝望着一位衣衫
褴褛的老人,一把把
将未来的收获播撒。

他那高大的黑色的身影,
俯视着深沉的耕地。
你能感到他多么相信
光阴的有益的飞逝。

他独自在田野上来去,
将种子往远处抛掷;
张开手,又重复开始,
我呢,幽暗的旁观者,

凝视着,当杂着蜚声,
黑夜展开他的幕纱,
仿佛扩大到了群星,
那播种者庄严的姿势。

生词注解:

1.portail n.m. (大建筑物的)正门,大门
2.poigné e n.f. 一把之量
3.sillon n.m. 犁沟
4.labours n.m.pl. 耕过的田地
5.auguste a. 庄严的,令人敬畏的
6.rumeur n.f. 嘈杂声

作者简介:

Victor Hugo(维克多·雨果)(1802~1885)是一位文学大师,既是小说家、剧作家,又是诗人,著有诗集Les Contemplations.

重点词语语法解析:

1.注意介词sous,à和dans的用法.

2.au loin 在远处
voyager au loin 到远处旅行
voir au loin 遥望

3.pendant que的意思
<1>当…的时候 ex:Tais-toi pendant qu'elle parle. 她说话的时候请你闭嘴.
<2>…而…[表示对立]
<3>既然 ex: Pendant que j'y pense, pendant que j'y suis 趁我还想得起来;趁我正想到这事

4.关于jeter的词组搭配:
jeter (à) bas[à terre] 推倒,推翻
jeter a la figure [au nez] de qqn 当面责备某人,不留情地训斥某人
jeter aux quatre vents 扔掉,抛弃
jeter de l'huile sur le feu 火上浇油
jeter feu et flamme 大发雷霆
jeter qqch a la tête de qqn 向某人投掷…;当某人面夸耀…;当面指责某人
jeter qqch a qqn 把…扔给…
jeter qqch contre[dans,sur,par] qqn/qqch 把…扔向…,把…扔进…,把…扔在…

LLIBB 发表于 28-4-2008 12:26

:nux: 这么棒的帖子,没人顶??
LZ, 继续哈,

Véronique1988 发表于 30-4-2008 16:16

i read it before and like it very much! ^^

another poem by hugo 《Ce qu'on entend sur la montagne》.  my french friend said it is very beautiful . but my french is too poor to read it .

can you translate in chinese ?

Véronique1988 发表于 30-4-2008 18:10

i know  it`s a quite long poem .

i hope someone can translate it . and thank you very much .

denisdeparis 发表于 1-5-2008 16:25

I say, "ce qu'on entend sur la montagne" is quite a long piece of poetry. It will take quite a lot of time (not to speak about courage and dedication...) to translate it in chinese.

I start humbly to translate it in english, ok ?


Ce qu'on entend sur la montagne                          What can be heard on the montagne


Avez-vous quelquefois, calme et silencieux,              Have you ever, calm and quiet,
Monté sur la montagne, en présence des cieux ?           Climbed on the mountain, close to the sky ?
Était-ce aux bords du Sund ? aux côtes de Bretagne ?     Was it on the banks of Sund ? On the shore in
                                                                                           Brittany ?
Aviez-vous l'océan au pied de la montagne ?              Was the ocean there down at your feet ?
Et là, penché sur l'onde et sur l'immensité,             And there, bent over ocean and infinity,
Calme et silencieux, avez-vous écouté ?                  Calm and quiet, did you listen ?
Voici ce qu'on entend : - du moins un jour qu'en rêve    Here is what you can hear : at least, once, in a
                                                                                                   dream
Ma pensée abattit son vol sur une grève,                 My thoughts stopped their flight on such a shore
Et, du sommet d'un mont plongeant au gouffre amer,       And from the top of a mountain anchored deep
                                                                                    in the bitter sea,
Vit d'un côté la terre et de l'autre la mer,             They saw on one side the earth, on the other
                                                                                               the sea
J'écoutai, j'entendis et jamais voix pareille            I listened, I heard, and never such a voice
Ne sortit d'une bouche et n'émut une oreille.            Came from a mouth and touched an ear.

Ce fut d'abord un bruit large, immense, confus,          First it was a confused rumble
Plus vague que le vent dans les arbres touffus,          Like the wind when it wanders in the trees
Plein d'accords éclatants, de suaves murmures,           Like music and whispers
Doux comme un chant du soir, fort comme un choc d'armures Sweet as a sunset song, clear as an armor
                                                         clatter
Quand la sourde mêlée étreint les escadrons              When war rides with the horses and men
Et souffle, furieuse, aux bouches des clairons.          And blow furiously in the buggles.
C'était une musique ineffable et profonde,               It was a deep music, beyond any reach
Qui, fluide, oscillait sans cesse autour du monde,       Flowing endlessly around the world,
Et dans les vastes cieux, par ses flots rajeunis,        Turning in infinite circles
Roulait élargissant ses orbes infinis                    Cleaning the sky from its oldness
Jusqu'au fond où son flux s'allait perdre dans l'ombre   from its top to the very bottom, where it went to
                                                                                      darkness
Avec le temps, l'espace et la forme et le nombre.        Along with time, space and number.
Comme une autre atmosphère épars et débordé,             Like a new atmosphere,
L'hymne éternel couvrait tout le globe inondé.           The everlasting music surrounded the earth.
Le monde, enveloppé dans cette symphonie,                And the world, covered in music,
Comme il vogue dans l'air, voguait dans l'harmonie.      As it sails in the air, was sailing in harmony.

Et pensif, j'écoutais ces harpes de l'éther,             (well, to be followed ! Old Victor is not
Perdu dans cette voix comme dans une mer.                that easy to translate !)
Bientôt je distinguai, confuses et voilées,
Deux voix, dans cette voix l'une à l'autre mêlées,
De la terre et des mers s'épanchant jusqu'au ciel,
Qui chantaient à la fois le chant universel ;
Et je les distinguai dans la rumeur profonde,
Comme on voit deux courants qui se croisent sous l'onde.

L'une venait des mers ; chant de gloire ! hymne heureux !
C'était la voix des flots qui se parlaient entre eux ;
L'autre, qui s'élevait de la terre où nous sommes,
Était triste ; c'était le murmure des hommes ;
Et dans ce grand concert, qui chantait jour et nuit,
Chaque onde avait sa voix et chaque homme son bruit.

Or, comme je l'ai dit, l'océan magnifique
Épandait une voix joyeuse et pacifique,
Chantait comme la harpe aux temples de Sion,
Et louait la beauté de la création.
Sa clameur, qu'emportaient la brise et la rafale,
Incessamment vers Dieu montait plus triomphale,
Et chacun de ses flots que Dieu seul peut dompter,
Quand l'autre avait fini, se levait pour chanter.
Comme ce grand lion dont Daniel fut l'hôtel,
L'océan par moments abaissait sa voix haute ;
Et moi je croyais voir, vers le couchant en feu,
Sous sa crinière d'or passer la main de Dieu.

Cependant, à côté de l'auguste fanfare,
L'autre voix, comme un cri de coursier qui s'effare,
Comme le gond rouillé d'une porte d'enfer,
Comme l'archet d'airain sur la lyre de fer,
Grinçait ; et pleurs, et cris, l'injure, l'anathème,
Refus du viatique et refus du baptême,
Et malédiction, et blasphème, et clameur ;
Dans le flot tournoyant de l'humaine rumeur
Passaient, comme le soir on voit dans les vallées
De noirs oiseaux de nuit qui s'en vont par volées.
Qu'était-ce que ce bruit dont mille échos vibraient ?
Hélas ! c'était la terre et l'homme qui pleuraient.

Frère ! de ces deux voix étranges, inouïes,
Sans cesse renaissant, sans cesse évanouies,
Qu'écoute l'Éternel durant l'éternité,
L'une disait : NATURE ! et l'autre : HUMANITÉ !

Alors je méditai ; car mon esprit fidèle,
Hélas ! n'avait jamais déployé plus grande aile ;
Dans mon ombre jamais n'avait lui tant de jour ;
Et je rêvai longtemps, contemplant tour à tour,
Après l'abîme obscur que me cachait la lame,
L'autre abîme sans fond qui s'ouvrait dans mon âme.
Et je me demandai pourquoi l'on est ici,
Quel peut être après tout le but de tout ceci,
Que fait l'âme, lequel vaut mieux d'être ou de vivre,
Et pourquoi le Seigneur, qui seul lit à son livre,
Mêle éternellement dans un fatal hymen
Le chant de la nature au cri du genre humain ?

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