
C’est un casse-tête pour un Fran?ais d’apprendre le chinois ; para?t-il. Est-ce également un casse-tête pour ceux qui l’enseignent ? La réponse est oui, car si l’apprentissage présente des difficultés, l’enseignement aussi. Avant de voir quelles sont ces difficultés, il est intéressant de savoir quelles sont les particularités de la langue chinoise par rapport aux langues latines, et quelle est la méthode la mieux adaptée pour un adulte étranger.
Le chinois: une langue sémantique
Contrairement au langage latin, le chinois n'a pas d'alphabet au sens propre du terme. Chaque sinogramme représente un sens, équivalant à un mot français ou à un élément sémantique du mot et correspondant à une syllabe. Il existe en chinois 400 syllabes au total. En Chine, dans les année 1950, on a adapté l'alphabet latin pour transcrire phonétiques pour la transcription. Cette méthode est inspirée du système <KANA>japonais.
Suivant cette spécificité du chinois , Nicolas Lyssenko, enseignant de chinois à l'université Paris VII(Jussieu),a mis au point sa théorie de <grammatologie>, c'est-à-dire une étude profonde pour trouver une règle ou un lien entre un sinogramme simple et la structure grammaticale. Selon lui, la base de la grammaire chinoise est l'écriture. Il existe une règle commune entre la composition d'un sinogramme, d'un mot composé, d'une phrase. Cette particularité n'existe que dans la langue chinoise.
En France dans le milieu de l'enseignement du chinois, certains professeurs se sont inspirés de cette théorie et ont créé leur propre méthode, comme Joël Belassen, Catherine Mauvaise ou Fabienne Marc.
Une grande diversité de méthodes
En dehors des facultés françaises, il existe dans les librairies chinoises parisiennes une assez grande diversité de méthodes. Pour simplifier, ces méthodes se regroupent en trois courants:
1-méthode programmée (façon Lyssenko), comme <Ping-Pong>de Catherine Mauvaise, cette méthode est bien structurée et intelligemment conçue. L'auteur a profité de ses propres expériences et s'est efforcé de trouver un point d'équilibre entre l'écriture, la prononciation et la syntaxe. Il est dommage que cette méthode ne propose pas d'exercice informatisé.
2-méthode complète, comme <Paaranoma>de Chine populaire, <Tell me more>des Etats-Unis et les cours de chinois du Centre national d'enseignement à distance (CNED)

es deux premières s'offrent le luxe d'un CD et celle du CNED n'a que des cassettes. Le <Paranoma> est conçu par des enseignants et des linguistes chinois. La méthode est cosigné par le mnistère de l'Education. Elle se divise en trois niveaux qui englobent environ mille vocables de base et 200 modèles de phrases, plus 3 000 phrases courantes, car elle n'a pas pris en compte la difficulté d'apprendre est déjà plus rapide que celle d'un Chinois. Mais pour assimiler une telle vitesse, il faut avant tout comprendre.
<Tell me more>a moins de défauts de ce côté-là: la méthode est conçue pour les autodidactes. Le premier tome est bien structuré, mais ensuite le dynamisme mécanique stagne: on acquiert de plus en plus de vocabulaire sans pouvoir le manipuler. De plus, les exercices rébarbatifs sur les quatre tons d'une syllabe découragent facilement tout le monde.
3-méthode orale ou oral et écrit dissociés:<Assimil>, par exemple, est une méthode purement orale qui se base sur des conversations, les textes sont très vivants , mais elle ne peut jouer qu'un rôle secondaire. L'ancien enseignant de chinois à Jussieu, Zhang Pengpeng, a publié une méthode qui dissocie la partie phonétique et la partie écriture. Selon lui, l'enseignement du chinois pour les étrangers a été trop influencé par celui des langues occidentales, autrement dit une approche simultanée de l'oral et de l'écrit. Ainsi, il a mis au point deux manuels pour les débutants, <Conversation intensive> et <Radicaux fréquents>, et dans un deuxième temps a proposé de la lecture intensive. Mais si l'on suit la logique de Zhang, selon laquelle la <Conversation intensive>est purement orale puisque l'apprentissage des sinogrammes est concentré dans <Radicaux fréquents>, alors peut-on expliquer l'apparition des sinogrammes dans la partie orale et doit-on les apprendre ou non? Si oui, comment les apprendre? En Chine, il existe un nouveau courant qui préconise que la nature sémantique du chinois est un obstacle dans l'acquisition de cette langue. Il faut donc dissocier l'oral et l'écrit. Zhang Pengpeng est un représentant de ce courant.:D
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