Les Etats-Unis ont accusé au 1er trimestre un nouveau déficit record de leurs comptes courants, la mesure la plus large des flux d'échange du pays, l'insatiable appétit de consommation des Américains pesant toujours sur les comptes.
Le déficit a atteint 195,1 milliards de dollars, ce qui correspond à 6,4% du produit intérieur brut (PIB). Il a fortement déçu les analystes qui tablaient sur un déficit de 190 milliards de dollars après 188,4 milliards au trimestre précédent.
Le déficit courant s'explique en effet par l'aggravation de la balance commerciale, talon d'Achille de l'économie américaine, qui a plongé à -171,8 milliards de dollars contre -169,2 au trimestre précédent.
Plus surprenant, le rôle joué par les transferts nets de fonds à l'étranger, qui ont progressé à 27,1 mds USD contre 22,4 mds USD au trimestre précédent.
Le déficit des comptes courants vient en effet se greffer sur celui du budget, qui a atteint 413 milliards de dollars en 2004. Mais sur ce dernier point une embellie est peut-être en vue, soulignent les analystes.
Le président de la Réserve fédérale (Fed) Alan Greenspan affiche lui aussi régulièrement son optimisme sur le déficit courant, jugeant que la flexibilité de l'économie américaine permettra une résorption en douceur.
Reste que l'économie américaine a peu de chances d'enrayer vite la tendance à l'alourdissement de ses comptes courants.
Le déficit devrait ainsi s'aggraver encore cette année et l'an prochain, et pourrait atteindre respectivement 760 et 830 milliards de dollars au total -- contre 666 milliards l'an dernier, selon Marie-Pierre Ripert d'Ixis CIB.