Le ministre de la Santé Xavier Bertrand revendique «une démarche progressive. Il faut tenir compte des habitudes médicales des Français».
Une aspirine ne sera peut-être pas inutile. Savoir, en entrant dans un cabinet médical, combien la consultation sera facturée, et quel montant la Sécurité sociale remboursera, risque de tourner au casse-tête à partir de vendredi 1er juillet, jour de l'entrée en application du «parcours de soins coordonné». Les sommes ne seront pas les mêmes si vous consultez votre «médecin traitant» – le pivot du nouveau système –, si vous êtes adressé par celui-ci à un confrère ou si vous prenez l'initiative de consulter directement un autre praticien. Dérogations, exceptions et nuances sont nombreuses. Les médecins eux-mêmes redoutent un «système proche du labyrinthe», dixit leur Conseil national de l'ordre qui appelle les praticiens à limiter le temps consacré à remplir les nouvelles feuilles de soins, plus complexes, «au détriment du temps médical».
De fait, vendredi, seule une première partie plutôt «soft» du dispositif du médecin traitant entrera en vigueur. Les médecins de secteur 1 consultés «hors parcours» pourront appliquer jusqu'à 7 euros de dépassements d'honoraires, alors qu'ils doivent normalement s'en tenir aux tarifs de la Sécurité sociale.
Pour le reste, le gouvernement retarde depuis des mois la publication de deux décrets essentiels pour inciter au respect du parcours, mais forcément impopulaires. Le premier doit dire jusqu'à quel niveau l'assurance-maladie pourra diminuer le remboursement des actes hors parcours de soins. «La majoration du ticket modérateur sera modérée», promet le ministre de la Santé. Il pourrait passer de 30% du prix de la consultation dans le parcours de soins à 40% environ hors parcours. Pour lutter contre la désertification médicale qui menace certaines régions, cette mesure ne s'appliquera pas aux médecins qui viennent de s'installer. «Ce décret sera soumis aux partenaires sociaux, aux syndicats de médecins et à l'Union nationale des caisses d'assurance-maladie dès cette semaine et s'appliquera au plus tard le 1er janvier 2006», assure Xavier Bertrand.
------- Le Figaro
vous avez choisi vous meme le medecin traitant ?