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[-Divers-] L'intérêt pour la langue chinoise ne suffit pas

L'intérêt pour la langue chinoise ne suffit pas

(par Yao Ying, professeur adjoint de l'institut des échanges de la culutre sino-étrangère de l'Université de Fudan)

L'intérêt pour la langue chinoise ne suffit pas

La renaissance du chinois et son internationalisation sont d'ores et déjà devenus un phénomène culturel incontournable de notre époque. Ce phénomène reflète une tendance de fond qui est en train de gagner le monde entier, à savoir le relèvement pacifique de la Chine et la vague de la diversification culturelle dans le monde.
Plus de 600 délégués chinois et étrangers venus de 66 pays et régions ont participé récemment au congrès de la langue chinoise qui s'est tenu à Beijing. C'est la première fois que la Chine organise une rencontre de cette ampleur centrée sur la langue chinoise, signe éloquent que l'enthousiasme pour le chinois, qui n'a cessé de grandir depuis les 30 dernières années de réforme et d'ouverture, a atteint un niveau certain.
Durant le congrès, des experts étrangers ont indiqué que la vague d'intérêt pour le chinois qui balaye le monde entier est due au relèvement pacifique de la Chine et à son potentiel économique formidable. Selon les statistiques disponibles, il apparaît que l'enthousiasme pour le chinois se manifeste surtout au niveau de l'enseignement secondaire et supérieur. Au Japon, le nombre de lycées qui offrent des cours de chinois est passé plus de 40 en 1986 après de 500 aujourd'hui. En Corée du Sud, plus de 200 universités dispensent des cours de chinois et un examen de chinois fait partie intégrante de l'examen d'admission à l'enseignement supérieur. Sur les 3000 universités que comptent les Etats-Unis, 800 ont inscrit le chinois à leur programme. En France, une centaine d'universités et plus de 150 lycées offrent des cours de chinois. Dans 13 universités, il existe une spécialité de langue chinoise au sein du département de langues. 5 universités offrent un troisième cycle de chinois et 2 un doctorat de chinois. L'année dernière, le chinois est entré dans les matières de l'abitur (baccalauréat) de nombreux Länder. En Afrique du Sud, la principale chaîne de télévision a commencé à diffuser un programme d'apprentissage du chinois. Dans le monde entier, plus de 2500 universités et instituts supérieurs de cent pays dispensent des cours de chinois et le nombre d'étudiants du chinois a dépassé 30 millions.
L'examen de niveau de chinois (ENC) est un examen de chinois destiné aux apprenants dont la langue maternelle n'est pas le chinois. Jusqu'au mois de juin de cette année, l'ENC a ouvert 154 centres d'examen dans 37 pays et plus de 400.000 personnes ont passé l'examen. Ces trois dernières années, le nombre de candidats a augmenté de façon spectaculaire, avoisinant un taux de 40%.
Dans certains pays, les autorités ont l'intention de débloquer des fonds afin d'encourager la diffusion de l'enseignement du chinois. Récemment un projet de loi sur la promotion des échanges américano-chinois a été introduit au Congrès américain. Ce projet obligerait l'Etat fédéral àdébloquer 1,3 milliard de dollars au cours des cinq prochains exercices fiscaux afin d'encourager les échanges culturels sino-américains, particulièrement en ce qui concerne l'enseignement du chinois et les échanges d'étudiants entre écoles secondaires et supérieures des deux pays. En outre, conformément à un accord bilatéral, les USA vont lancer le projet de langue chinoise AP qui introduira un programme et un examen préparatoires de langue et de culture chinoises dans le programme des écoles secondaires. Les résultats seront reconnus par les universités américaines.
L'enthousiasme pour le chinois signifie-t-il que le chinois est vraiment devenu une langue internationale ? La réponse n'est qu'à demi positive, car l'internationalisation d'une langue ne peut reposer exclusivement sur la promotion de la langue. L'auteur, qui se consacre à l'enseignement du chinois depuis une dizaine d'années, a souvent été confronté des étudiants, spécialement des adultes de pays occidentaux, qui étaient capables de parler couramment le chinois, mais qui ne savaient pratiquement rien ni sur la politique de la Chine ni sur l'évolution de sa société C'est le résultat d'un enseignement qui met exagérément l'accent sur l'apprentissage linguistique, particulièrement celui de la prononciation, au détriment de l'enseignement de la culture.
Pour réaliser l'internationalisation du chinois, on ne peut uniquement se fonder sur l'héritage ancestral de la Chine. Chaque année, plus 600.000 touristes chinois se rendent en Corée du Sud. Grâce aux feuilletons sur la Corée du Sud qu'ils ont vus à la télévision, la plupart de ces touristes connaissent beaucoup de choses sur la culture coréenne. Toutefois, l'immense majorité d'entre eux ne connaît pas la langue coréenne. Cet exemple frappant montre que nous, les Chinois, n'avons pas encore réussi à exporter notre culture à l'étranger.
C'est pourquoi il nous faut désormais faire davantage d'efforts pour propager la culture chinoise. L'Association nationale pour la diffusion de la langue chinoise a commencé à ouvrir des instituts de Confucius dans les pays voisins de la Chine et dans le reste du monde. Le premier institut de ce genre a ouvert ses portes à Séoul en novembre 2004. A ce jour, 24 instituts ont été créés de par le monde. En septembre, un institut commencera à fonctionner à Chicago.
La fondation de l'institut de Confucius jouera un rôle décisif dans le développement des échanges culturels entre la Chine et le reste du monde. Sur le plan des échanges culturels à la fois entre responsables et entre particuliers, de l'affectation et de la formation des enseignants, du mode de diffusion de la nouvelle culture chinoise, de la mise en oeuvre des moyens financiers, l'institut de Confucius est en passe de devenir une institution moderne, sérieuse et fonctionnant selon des règles uniformes. Cela est non seulement un signe de l'accroissement de la puissance de la Chine, mais aussi un moyen efficace d'augmenter l'influence culturelle de notre pays. Ce n'est que lorsque la culture chinoise aura fondamentalement cessé d'être isolée du reste du monde, que l'enthousiasme pour la langue chinoise se traduira par une réelle internationalisation de la langue chinoise, gagnant ainsi une espérance de vie illimitée et contribuant à la consolidation de l'influence de la Chine dans le monde.

         

Dernière(s) évaluation(s)
  • tengu Activité +5 intéressant 4-9-2007 12:47
Bienvenu dans le sentier de mon amitié^^
L'institut de Confucius, c'est un peu comme un centre culturel alors ??

Concernant l'apprentissage de la langue chinoise, il est normal que celà se développe: la Chine devient un acteur très important au niveau économique.
Malheureusement, il n'y a pas forcément besoin d'avoir des connaissances sur la culture d'un autre pays pour faire des échanges commerciaux... ou alors, ça reste superficiel (et même si, j'en suis conscient, au niveau efficacité professionnelle, c'est mieux!)

Je pense que les personnes qui s'intéressent vraiment à la culture chinoise (et qui en ont un minimum de connaissances!) et qui en même temps travaillent en partenariat avec la Chine sont rares...
On a d'un côté des "passionnés", de l'autre des "opportunistes" (enfin, ça fait parti de leur boulot ^^ ).

L'exemple qui est pris en Corée ne me paraît pas judicieux. Ces séries télévisées ne reflètent que très (très très !) superficiellement la culture coréenne. C'est plutôt celui de la mode et de la consommation à tout-va...

Je ne vais pas être gentil mais... Je me demande comment la Chine peut espérer "exporter sa culture" alors qu'il n'y a pas longtemps, elle a voulu "coupé", renié celle qu'elle s'était forgée en plusieurs milliers d'années...(disons plusieurs centaines).
Ou peut-être cherche-t-elle en réalité une "Révolution ... Economique" ?


Bah, ne vous inquitez pas de ces avis un peu pessimiste, je fais parti de ces gens "passionnés" (enfin, j'en fais pas le but de ma vie quand même ^^ )

[ Last edited by  Xav at 4-9-2007 18:19 ]
"C'est par l'amour qu'on demande, qu'on cherche, qu'on connaît.
Aime donc, et fais ce que tu veux."
St Augustin
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>>Un autre monde<<
Oui je suis d'accord . On apprend le chinois si on est intéressé par la Chine.
Sinon on n'en a pas besoin , on peut très bien prendre des interprètes . Ceux qui font les meilleurs affaires en Chine ( les dirigeants des grandes sociétés) ne parlent pas chinois , le plus souvent.
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