本帖最后由 小麦 于 6-9-2010 08:09 编辑 2 ?2 ?( A; k3 k% m' x8 w, i
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/ \1 W" q6 R+ L# r6 K% s2 GÇa faisait longtemps que je voulais vous parler de ce film, vous en dire tout le bien que j'en pense, mais bon vous savez, la flemme, la fatigue, le boulot, la famille, les amis, la petite copine. La vie est dure quoi ^^ (Vous allez pleurez là non ?)
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, R$ D( y! y- g3 X+ zAmer de Bruno Forzani et Hélène Cattet. Ces deux réals se sont rencontrés accidentellement à Bruxelles. Étrange le destin, quand même, entre eux, ça à tout de suite accroché. Ces deux là sont des fétichistes du Giallo, des véritables adeptes de ce genre, des nostalgiques d'une belle époque du cinéma Transalpin.
7 r6 u% M6 z2 U! O& O) ^Le Giallo, c'est un genre, né en Italie. Difficile à définir précisément, sorte de film hybride, entre policier, film d'horreur, expérimental et érotisme. Le maitre du Giallo c'est Dario Argento." Q' H0 ~- O3 r
Le truc du Giallo, c'est la liberté. Dans ces films, les scènes de meurtres ou les scènes érotiques virent souvent à l'expérimental, elles prennent des dimensions complètement dingues, des envolés oniriques, des délires fantasmagoriques. Les réalisateurs se permettaient des trucs que plus personnes aujourd'hui ne pourrait se permettre. Des véritables essais cinématographique, des tentatives de cinéma, d'images, de lumières, de sons. Le Giallo, genre tout en paradoxe, genre d'exploitation, qui se permet des virages étranges au cours du film et c'est ce qui est devenu la principale caractéristique de ce genre unique, totalement inédit, riche et dense.
, \4 r4 i+ Z$ gRevenons au deux réal.
: m9 ~' m$ [5 m V9 h k4 QAprès 4 courts métrages bricolés, produits à la maison, des expérimentations autour du Giallo. - Q$ z7 p) m3 ~+ Y% V( p
Et un jour, miracle, ils trouvent des fonds et ils tournent Amer, un film extraterrestre autour du Giallo.../ [% q4 @# R4 j6 k) M3 u) m8 i
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Petit commentaire autour du film, que j'avais écrit lors de la sortie du film...
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Il y a des films comme ça, des films qui ne ressemblent à rien, des véritables OVNIs qui prennent tout leur sens, qui nous plongent dans les méandres du cinéma pur.
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Amer, trois moments clés dans la vie d'une femme, l'enfance, une maison gothique, une femme voilée, un mort exhibé au cours d'une veillée mortuaire, des préoccupations adultes, une angoisse enfantine et une plongée abyssale dans l'angoisse psychédélique d'une enfant.
8 V! F3 ^6 Y4 p- ]- xL'adolescence, la découverte de la sexualité, des ombres dans une ville déserte, des regards de travers, une bande de motards suants, une mer et un ciel au bleu irréel.& u. _; j* |% l7 G2 z# T+ f
L'âge adulte, l'affrontement de ses peurs les plus profondes, l'exploration de son univers érotique malade, un homme hostile vêtu de cuir, une lame de rasoir et une gorge tranchée.9 n/ c) ^9 G! ]: {8 t" ~! b5 g9 z" v
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Amer est un film puissant, à la limite de l'expérimental, bien plus qu'un Giallo, un film à sensation, où chaque son, chaque vision, chaque mouvement comptent, même les plus futiles. Des détails, les plantes qui écorchent l'épaule de la jeune femme, un motard crachant son chewing-gum, une fourmi écrasée sur une cuisse, du gros sel déchiquetant un genou, une ampoule au dessus d'un lit... C'est grâce à ces détails quasi-superflus que le film réussit à coller à la peau du personnage principal et à nous plonger au plus profond de psychisme dérangé.* W$ g- ^ C' ]. N" U
; L) a- ]3 n, I9 |# eAmer est un film sensitif, parlant aux émotions et à la sensibilité de chacun. On ne filme rien, on film le vide, on filme les sens de la manière la plus organique possible. Une jeune fille marchant au soleil avec un chapeau et sa mèche dans le coin de sa bouche, procure une érotisme torride, une enfant terrorisée dans une chambre éclairé par des lumières multicolore nous ramène à nos peurs les plus primales ou encore une silhouette noire armée d'un rasoir fait planer la mort au-dessus du film.
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Notons qu'Amer se distingue des films à tendances expérimentalo-contemplatives par des fulgurances brutales et lyriques, gravant définitivement, dans les tripes des spectateurs, les émotions dangereusement contradictoires, qui montaient depuis le début de la séquence.
$ f, g; Z/ k3 O: G2 t6 M/ ^6 sAmer nous entraine dans une danse macabre où mort, désir, et psychisme se mêlent jusqu'au vertige le plus total. Grâce à un travail hallucinant sur les sons, une porte qui grince, une goutte d'eau qui tombe, une respiration suave, ou sur les images, un œil qui s'écarquille, un peigne, des gants de cuir. Amer entraîne de manière indirecte, par une perception envoyant la réalité à la trappe, le spectateur dans le cerveau d'une schizophrène à la recherche de la jouissance absolue qu'elle ne trouvera finalement qu'à la toute fin du film, couchée sur une surface métallique, les yeux fermé et le visage blanc.
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]; d. k! l i+ Z+ \Des petits riens, des détails, des dialogues minimalistes, des « tronches », des regards, des images, des évocations et des émotions et si c'était ça finalement l'essence même du cinéma ? Et si Amer était simplement un shoot de cinéma pur salvateur et hallucinant ?2 T! [. k( a, \6 t9 ~7 w
) x2 d( _/ _; z' v9 T8 }Tant pis pour la salle de cinéma, procurez vous le DVD de toute urgence !2 q" H3 \8 y$ o) X
Et pour vous amis chinois ! ce sera une occasion de découvrir un cinéma français jeune, nouveau, désirant faire bouger les choses... Un cinéma méprisé, dans l'ombre, qui attend son heure pour faire éclater son talent au grand jour. Ce sera ce genre de films, qui tueront Kad Merad, je vous le promet - F6 P4 N+ g Z* M. {
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. j8 ^0 G' E( `) }2 ]2 JLa seule question qu'on pourrait simplement se poser est la suivante : est-ce qu'un film comme ça aurait plus sa place dans un musée d'Art Moderne ou dans une galerie que dans une salle de ciné... ? |