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Un resume sue shenzhen
La ville entière, coupée des Nouveaux Territoires par le fleuve Shenzhen, s’apparente à une sorte de parc thématique. En 1980, c’était un village de pêche de 30 000 âmes. Aujourd’hui, c’est une ville tentaculaire de 8 millions d’habitants dont le « plan d’urbanisme » s’étend sur plus de 50 km le long du fleuve, borde les deux rives de la mer de Chine et pénètre jusque dans les collines et les vallées du nord, à coups d’innombrables usines et gratte-ciel.
Conçue sur le mode de la cité-jardin internationale, Shenzhen est le produit d’influences diverses. Elle a la taille héroïque de Beijing, avec ses grands boulevards et ses larges trottoirs bordés de palmiers. Venu de Hong Kong, j’ai tout de suite reconnu la verticalité ininterrompue de cette ville, forêt de gratte-ciel fins comme des aiguilles jusqu’à perte de vue. Mais j’y ai aussi vu Los Angeles et ses embouteillages légendaires, Detroit et son centre-ville mal famé, l’Europe des parcs élégants, et Disneyland.
Sous le portrait du regretté patriarche Deng Xiaoping, au centre-ville de Shenzhen, on peut lire l’inscription « 100 ans d’immobilité », ce qui a aujourd’hui quelque chose d’ironique, car le changement est partout dans cette région, qui sera sans doute devenue la zone économique la plus active au monde d’ici 2006. Rien n’est immobile ici ; même le centre-ville de Shenzhen est en train de se déplacer.
Pour Deng Xiaoping, Shenzhen était un terrain d’expérimentation, à mi-chemin entre le socialisme de Beijing et le capitalisme de Hong Kong. Le passé colonial de Hong Kong y est encore perceptible, mais il a été éclipsé par la marche inexorable du progrès. Le noyau socialiste se fragmente sous les coups répétés du capital étranger, tandis que le statut particulier de Hong Kong est menacé par Beijing. Avec le temps, Hong Kong et Shenzhen ne feront plus qu’un. La frontière est désormais ouverte entre ces deux mégapoles, qu’un résident de Shenzhen décrit comme « les deux moitiés d’une seule et même grande ville ». Déjà, des gens font la navette, qui travaillent à Hong Kong mais résident à Shenzhen, où le coût de la vie est deux fois moindre. Shenzhen a été la première des cinq zones économiques prioritaires par où la modernisation de la Chine devait commencer, et à propos desquelles Deng disait : « [Elles] seront le fondement de notre ouverture au monde. »
Mais ce que le monde y découvre est surtout une version miniaturisée de lui-même. L’un des parcs thématiques de Shenzhen, Window of the World, est une collection de monuments internationaux reproduits à l’échelle. Dans le pavillon des Alpes, j’ai skié sur de la vraie neige, empruntant un remonte-pente pour dévaler une pente de 15 m de dénivellation. Près de moi, des enfants chinois, vêtus de parkas loués, glissaient sur des chambres à air en riant aux éclats. Il y a une petite tour Eiffel, un Manhattan, un Taj Mahal et un Sphinx miniatures, et même une maquette des chutes Niagara traversée par un manège aquatique. Ce parc, le plus populaire de Shenzhen, est rempli de touristes chinois découvrant un monde qui leur a longtemps été fermé.
Dans le quartier des affaires, j’ai vu des magasins à rayons constitués en mondes distincts : Woman’s World, Man’s World, Technology World. Les urbanistes ont divisé la ville en zones mutuellement exclusives : un quartier réservé aux Chinois d’outremer (ceux qui rentrent au pays), un parc industriel, une zone commerciale.
[ Last edited by KiSsMel at 19-1-2007 14:51 ] |
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